Mercredi 14 octobre 2009

Un, deux, trois...

Trois chances de gagner l'au delà. Par dessus tout, un oeil perché. Marcher, Marcher, d'un air pressé. La première porte est grise, métalisée. Je tape de toute mes forces. Je me rend compte que je possède la clef. Dans ma poche, je l'ouvre. Un chaos intégral, un foutoir sans nom, le bordel dans toute sa splendeur: machines à lessiver rouillées s'enchevêtrent dans une salle à manger toute retournée, des fils de fer, fils à linges, petites cordes sont tendues de toutes parts de la pièce "polygone" sans régularités, les murs sombres reflètent le désordre, tout est sans dessus dessous comme si on avait secoué, retourné l'endroit, comme si quelqu'un l'avait mis là intentionnellement, comme si l'endroit hostile avait été créé de toute pièce pour effrayer les autres, les gens, les étrangers. La deuxième porte est rouge, un rouge ni carmin, ni vermillon: un rouge cardinal très vif. Je n'ai qu'à avancer la main pour qu'elle s'ouvre dans un bruit sourd de vieille porte usée par le temps mais feutré comme le bruit de pas dans la neige. L'intérieur est lumineux, blanc, impeccablement blanc. Le blanc laiteux de la pièce est presque transparent. On entend un souffle, le vent. Ou bien est ce un coeur qui bat au loin. Tout est à sa place: un lustre transparent domine la pièce bordée de sofa immaculés avec au milieu une petite table basse en bois blanc lisse. Partout, des grands coussins. On aurait dit un salon d'hôte marocain. Un endroit où l'on se repose en respirant tranquillement cet air si doux, si parfumé: des effluves de jasmin mêlées à des pétales de roses de damas. Le carré parfait que forme la pièce inspire l'acceuil, la sympathie et la chaleur confiante. La troisième porte est noire. Un noir pénétrant. Une porte normale, moderne, lisse et noire. On l'ouvre en enclenchant un mécanisme à droite de celle-ci: " appuyez sur le bouton une fois. Attendez 30 secondes. Tirez fort sur la porte. Repoussez la porte. Ouvrez ".  Le mécanisme ne s'ouvre que si l'on suit scrupuleusement cette logique. La porte s'ouvre enfin à mon troisème essai. Je me retrouve alors dans une grande salle avec pleins de bureaux, des chaises, des ordinateurs, alignés, parfaitement en parallèle. Les murs sont en béton. Le sol en béton aussi. Tout est froid. Je pense à une classe. Cependant, il n'y a rien devant les bureaux. Tous sont dirigés vers une estrade géante et vide. Cette estrade domine tout. Les ordinateurs fonctionnent tout seul. On dirait des chiffres qui se baladent sur les écrans à une vitesse incroyable. La pièce rectangulaire et profonde n'a l'air d'avoir jamais été habitée. Une lourdeur, une chaleur ( celle des processeurs en fureur) et un vide immense règne dans cet espèce de pièce tunnel géante. Il absorbe tout. Il emprisonne. J'ai trouvé. Une prison. Une prison vide sans but ni cause. Un rectange d'air inutile et qui gaspille de l'énergie...

Par ophelia
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Petit mais grand...

"L'enfance est ce que nous passons notre existence à essayer de retrouver"

- Forest Whitaker -
 

bulleverte.jpg


Un enfant n'a jamais les parents dont il rêve. Seuls les enfants sans parents ont des parents de rêve. 

  [Boris Cyrulnik]

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés