Cette prison n'est pas la mienne mais celle de quelqu'un d'autre. Pourtant le vide y habite. Un vide, une chaleur, au bord de l'asphyxie. Au bout de la pièce, derrière l'estrade, dans
l'obscurité, j'entends une présence, des pas lents, des vêtements froissés. On peut à peine deviner quelques sanglots et quelques paroles éreintées et douces. Les pas se rapprochent. J'entend
soupirer et je peux seulement discerner un bout de tissus, une robe à voile blanche s'éclipser vite. Je m'avance à grands pas dans l'obscurité. Quelqu'un respire de plus en plus rapidement.
Quelqu'un suffoque dans l'obscurité. Soudain, je vois.
Je vois une silhouette blanche habillée de blanc noyée dans ses pleurs inaudibles et dans l'ombre. Je fais un pas de plus et je comprends que la robe est celle d'une mariée. Une mariée aux
cheveux ni blonds, ni bruns. Des cheveux noisette qui s'éclaircissent au fur et à mesure que la lumière de sa robe envahit son visage pâle, suppliant, perdu.
Le pâle visage me regarde d'un air effrayé. Il veut parler mais reste fermé. Sa main veut se tendre mais reste à terre le poings serré. Une ombre passe sur la douceur de ses yeux. ses dents se
serrent et se contractent. Un sentiment de colère émerge de la dame blanche et triste. Tout se glace autour, la froideur me guette. deux pupilles fixes m'observent, me scannent, m'envahissent, me
prennent en otage. Tout est immobile comme figé dans le gel de cette scène derrière l'avant-scène de la pseudo classe. je sens le froid m'engourdir, l'obscurité de ce regard mutique me donne la
nausée. Je fais un pas en arrière. La silhouette brusquement se lève et s'avance. D'effroi, Je sursaute et recule.
C'est alors que sa main s'avance une larme dans le coin de l'oeil. Sans dire un mot, elle me supplie de rester là. Son regard redevient doux, sa peau blanche comme la neige prend des teintes plus
rosées, ses deux pupilles fixes se relachent et fondent en larmes tout comme moi je fonds emportée dans un torrent émotionnel merveilleux.
Tout devient liquide, nous marchons dans cinquante centimètres d'eau salée. sa main serre la mienne tandis que les fils électriques raccordant les ordis trempent et se court-circuitent
l'un-l'autre. des étincelles jaillissent de toutes part. Les écrans d'ordinateurs implosent.
Bientôt, leur deux coeur exploseront sous la charge. Sans savoir rien d'elles. Sans savoir rien d'où tout cela nous mènera...