Ecoeurant, fatiguant, dégoutant, déroutant,
Les adjectifs négatifs ne sont pas assez nombreux
pour décrire ce qui nous amène ici...
Ce qui nous laisse croupir, gémir, frémir
et bientôt pourrir dans ce bled paumé de vie...
Oui, madame, des gens meurent...
Tout les jours...
des gosses, des bébés, des enfants,
tes grands-parents, tes parents...
Ils ont tous travaillés dur
Ils ont tous eu une vie
Un jour, nulle part,
Ou on est?
Nulle part !
Et cette fille qui se coupe les veines à vif
Canif aiguisé, avec ses petits ongles de fée
Qui s'anesthésie le corps et l'âme en comprimés
Ou est elle?
Et ce garçon qui accuse les coups sans hurler
Qui courbe son échine sous les mots, sous les maux
En disant merci, en disant encore, en criant tant pis
Ou est il?
Et cette mère qui crève de solitude avec son gosse dans le désert?
Et ce gamin qui proteste, qui gémit, qui entame une grève de la faim?
Et cette femme qui se détruit, qui se consume, s'envoie en l'air en fumée?
Et cet homme qui détruit, qui consomme, envoie tout en l'air sur son passage?
Et ce vieil homme que tout accable sauf sa fierté de rester droit le poing levé?
Et cette vieille femme enfermée dans une pièce, clouée sur son fauteuil avec vue sur le parking?
Et ce bébé à peine né, déjà tellement torturé, rejeté, mal aimé?
Et cette gamine qui s'isole, qui mange de trop, qui mange pas assez, qui lève les yeux au ciel et ne cesse de prier?
Et cette fille qui prend du plaisir à sentir ses os jaillir hors de sa peau, squelette vivant, jeté aux corbeaux?
Et cette autre fille qui s'affaire dans le vide à apprendre des choses qui ne lui servira jamais qu'à se détruire un peu plus?
Et ce garçon qui meurt de jalousie en regardant les autres, en soupçonnant le pire et ne servant à rien?
Et tout ce beau monde qui s'accueille, qui se téléphone, qui se sourit, qui n'en pensent pas le quart
Qui font semblant de vivre ou vivre pour le semblant de ce qui nous reste à vivre pour nous, pour les autres, pour dieu le père ou l'antéchrist...
Et cette fille, et ce garçon que tu détestes et qui te le rendent bien?
Et tout ces gens qui te jugent, t'éduquent, te désintègrent, te soupirent, te chuchottent, te mentent, te méprisent, te haissent, t'entretiennent, te baisent, te tuent, t'évaluent, te paient, te
soignent, te conseillent, te virent, t'engagent, ...
Et toi, pauvre petit humain de merde insignifiant tu t'y crois, tu y crois à ton dieu, à ton étoile,
à ta vie, le dieu de l'univers, petite merde sur terre, tu t'y crois jusqu'à ce que tu crèves...
Jusqu'à ce que tu en crèves...
Les yeux pleins de morve et de rêves !
Les bras pleins de vide et de dettes !
Les pieds nus dans la boue et la neige !
La tête défoncée par cette vie qui te piège !
Merci la vie !